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depuis plus de 20 ans des havrais membres de l'ACAt (Action des Chrétiens pour l'Abolition de la torture) se mobilisent pour venir en aide aux victimes de la torture
L'ancien directeur de la prison S-21, symbole des atrocités commises au Cambodge par le régime Khmer rouge, a été condamné en appel le 2
février à la prison à perpétuité. Douch avait été condamné en première instance à 30 ans de prison en juillet 2010 pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité. La chambre de la Cour
suprême du tribunal, parrainé par les Nations unies, a estimé que le premier jugement n'était pas à la hauteur des crimes du tortionnaire. Quelque 15 000 personnes ont été torturées avant d'être exécutées dans la prison S21 entre 1975 et
1979.
Le conflit armé qui a ravagé le Salvador de 1980 à 1992 a fait en tout quelque 75 000 victimes et a été marqué par de terribles violations des
droits de l’homme.
Entre le 11 et le 13 décembre 1981, au moins 767 hommes, femmes et enfants ont été massacrés par les forces armées salvadoriennes à El Mozote et
dans des villages voisins. Même au regard de ce qui s’est passé dans le pays à cette époque, ce massacre est l’une des pires atrocités commises pendant la guerre civile. La plus jeune victime
était une fillette de trois mois ; la plus âgée, un homme de 105 ans.
Les femmes et les filles ont été soumises à des violences sexuelles avant d’être tuées. Les hommes ont été interrogés et torturés puis exécutés.
Certains enfants ont été poignardés ou matraqués à mort. Les villages ont été rasés. Les survivants et les familles des victimes ignorent encore ce qui est réellement arrivé à leurs proches et où
ils sont enterrés.
Le rapport de la Commission de la vérité des Nations unies pour le Salvador, publié en 1993, citait le nom de nombreux responsables présumés du
massacre. Cependant, ces crimes contre l’humanité demeurent impunis en grande partie à cause de la loi d’amnistie générale du Salvador. Cette loi a été promulguée une semaine seulement après la
publication du rapport des Nations unies et elle est encore actuellement en vigueur bien que le gouvernement se soit engagé publiquement à prendre des mesures pour l’abroger.
Début décembre 2011, pour la première fois, le gouvernement salvadorien a enfin reconnu la responsabilité de l’État dans le massacre de El Mozote et
a présenté des excuses pour ce qu’il a qualifié d’« aveuglement de la violence étatique ».
Au vu des récents rapports du Comité des Nations unies contre la torture et de la Commission interaméricaine des droits de l’homme, la pression de
la communauté internationale sur le Salvador au moment du trentième anniversaire du massacre d’El Mozote pourrait contribuer à faire avancer enfin la justice dans cette affaire.
Le groupe ACAT du Havre se souvient bien de ce conflit. Pendant cette guerre civile nous
étions en lien avec le village de San Francisco Lempa puis avec les déplacés de la communauté El Nuevo Amanecer (l'aube d'un nouveau jour. Ce sont eux qui nous avaient envoyé ce dessin
représentant l'espoir qu'ils avaient de la paix revenue grâce aussi aux liens qui nous unissaient. Maintenant nous n'oublions pas et avec les salvadoriens demandons justice pour ce massacre de la
population d'El Mozotte, le massacre le plus terrible de cette guerre civile.
« Jacquet, toujours souriant, agita d’abord devant mes yeux les pinces qui terminaient les électrodes. Des petites pinces d’acier brillant, allongées et
dentelées. Des pinces « crocodiles », disent les ouvriers des lignes téléphoniques qui les utilisent. Il m’en fixa une au lobe de l’oreille droite, l’autre au doigt du même côté…
Brusquement, je sentis comme la morsure sauvage d’une bête qui m’aurait arraché la chair par saccades. Toujours souriant au-dessus de moi, Jacquet m’avait branché la pince au sexe. Les secousses
qui m’ébranlaient étaient si fortes que les lanières qui me tenaient une cheville se détachèrent. On arrêta pour les rattacher et on continua… »
Ce court passage est extrait du livre « la Question » journal de détention qu’a tenu Henri Alleg, directeur du journal Alger Républicain.
Contraint de se réfugier dans le clandestinité en novembre 1956 afin d’échapper à la mesure d’internement des collaborateurs du journal, il est arrêté le 12 juin 1957 par les parachutistes
français de la 10ème D.P et soumis au secret et à la torture pendant plusieurs semaines.
Présent à la dernière Fête de l’Humanité, Henri Alleg est intervenu en compagnie de Serge Portelli autour de cette question : la
torture française en Algérie restera-t-elle sans condamnation ?
Il y a deux extraits vidéos de son intervention sur le site de la coopérative audiovisuelle des Mutins de Pangée
http://www.lesmutins.org/Henri-Alleg-et-La-Question.html
Une manière pour eux de rendre hommage aux victimes du massacre du 17 octobre 1961 à Paris.
Evêque du diocèse du Chiapas de 1959 à 1999, " Tatik " (père en langage
tzotzil) Samuel Ruiz est décédé le 24 janvier dernier. En 1988, il avait fondé le Centre de droits humains Fray Bartolomé de las Casas (Frayba), parmi les plus importants et
reconnus au Mexique. Au début des années 1990, il avait milité pour le retour au pays de milliers de Guatémaltèques exilés au Chiapas à cause de la politique de "terre brûlée" de 1978 à 1983. En
1994, il mit en place la Commission nationale d'intermédiation, chargée de maintenir le dialogue entre le gouvernement et l'Armée zapatiste de libération nationale. Rôle qui lui a notamment valu
menaces et attentats par le groupe paramilitaire Paix et Justice.
"Toi tu t'en vas, et restent les arbres que tu as planté; autres arbres, autres fruits, autres semences fécondes." Monseigneur Léonidas Proano, évêque de
Riobamba en Equateur de 1954 à 1985.
«La terreur inspirée par celui qui tient le couteau ne saurait prendre le
dessus sur l'amour contenu à pleines mains» Les Mères deTian'anmen
C'était il y a vingt ans et aujourd'hui, malgré les intimidations, malgré les
contrôles et les arrestations, elles continuent de commémorer le triste anniversaire du 4 juin 1989 et de réclamer reconnaissance et réparation pour les victimes. Ce sont les "Mères de
Tian'anmen". Elles ont perdu leur fils lors de la répression sanglante des forces armées face aux manifestations pacifiques .
Deux mois avant la répression, les étudiants, les travailleurs, les militants avaient organisé des manifestations dans les villes chinoises appelant à des réformes démocratiques et à la lutte contre l'intensification de la corruption officielle. Les
manifestations se sont concentrées sur la Place Tian'anmen de Pékin, où des dizaines de milliers d’étudiants ont dormi sous les tentes pour appuyer leurs revendication et où plus d’un million de
personnes ont défilé en portant des bannières et en criant des slogans.
Puis les autorités ont décidé de «nettoyer» la Place et de rétablir l’ordre. On pense queplusde 2000 personnes sont mortes dans les villes Chinoises les 3 et 4 Juin 1989 et les jours suivants, suite à la
répression.
Aujourd'hui encore, on pense que 250 personnes environ purgent des peines de longue durée en raison decharges liées avec les manifestations de 1989. Toute commémoration est
interdite.
Se
souvenir est répréhensible.
En solidarité avec le collectif des Mères de Tian'anmen et avec tous ceux qui
luttent contre l'amnésie, nous refusons l'oubli.
romancier et essayiste, l’un des premiers adhérents de l’ACAT,témoignage de 1974
"Comment, dans un tel combat, ceux qui se réclament du Christ innocent, torturé, mis à mort, ne sont-ils
pas en première ligne ? Comment leurs évêques, prêtres et pasteurs ne sont-ils pas les
premiers informés et les premiers informateurs de l’inacceptable ?
Mais surtout, comment admettre que, dans tel pays ou la torture est devenue un moyen de gouvernement,
l’Église, la hiérarchie, les fidèles puissent se taire et se terrer au lieu deprendre,
comme Dom Helder Camara, le risque de clamer leur indignation ?
Notre action peut les y aider ; et parce qu’elle est apolitique,
courtoise,multiple, elle peut tempérer certains gouvernements et sauver des vies humaines. Telles sont les raisons qui ont suscité cette association et devraient lui rallier tous ceux qui veulent vraiment conformerleur vie à l’Évangile." COURRIER DE L’ACAT—NOVEMBBRE-DÉCEMBRE2009
Madeleine Lagadec, infirmière française,
travaillait dans un hopital dans une zone sous contre de la gruerilla au Salvador.
Le 15 avril 1989, elle a été tuée par l'armée ainsi que Gustavo Ignacio Isla Cazares, médecin argentin, Maria Cristina Hernandez, brigadiste de santé, Carlos Gomez et Clelia Conception Diaz
Salazar, militants du FMLN.
L'armée salvadorienne a bombardé l'hôpital. Les troupes aéroportées ont capturé ces 5 personnes, les ont torturées, mutilées et exécutées.
"lorsqu'il s'agit de la liberté, de la fin de l'exploitation, de la misère de tout un peuple, il faut savoir reculer ses limites."
Il y a 15 ans
aujourd'hui débutait le génocide des tutsis au Rwanda. Il fit 800.000 à 1 million de victimes, et tous les responsables ne sont toujours pas jugés. De nombreux sont en prison en attente de
jugement, d'autres ne seront jamais inquiétés. La société rwandaise n'est toujours pas pacifiée et des assassinats de rescapés se produisent encore.
Pour ne pas oublier nous participons aujourd'hui à une journée organisée à l'IUT du Havre autour de ce massacre de grande ampleur : conférence, débats, rencontres et témoignage.