<!--[
Cet après-midi, nous nous sommes réunis.
Tous autour d'une table nous nous sommes engagés contre la torture.
Nous sommes venus, attirés par une vague
curiosité,
ou juste une envie de s’engager pour quelque chose.
Perso, j’y croyais pas, pour moi la torture était un agissement horrible, mais ce n’était pas
mon combat,
c’était quelque chose de … loin, presque abstrait…
Je ne suis pas un homme politique, je n’avais pas de convictions particulières non plus, je ne sais pas bien parler, ni même dire aux autres de
venir, pourquoi d’ailleurs ?
Mais quelque part, j’avais envie de m’engager pour quelque
chose.
Et bien VENEZ !
Parce que nous on est venu, pas fiérots, puis on a écrit, on s’est forcé à écrire, à des tas de gens, pour des tas de choses … des
lettres … encore et encore.
Et bien ces lettres ont libéré des gens, et des gens biens. Ceux-ci ont tenus 5, 10 ans et même plus enfermés dans une cellule, pour
certains torturés quotidiennement, pour d’autres ‘‘seulement’’ enfermés dans des conditions de détention inhumaines.
Pas très joyeux …
Mais se dire que des gens qui se sont battus pour un peu plus d’humanité chez eux, à des milliers de kilomètres
vont être brisés sans qu’on lève un sourcil,
ce n’est pas très encourageant non plus.
C’est en partie pour ça que nous avons rejoint l’ACAT. Soyons clairs ! L’ACAT, pour nous, ça doit rester un moment sympa (même si
on a envie de venir, parfois l’envie de s’investir n’est pas assez fort et fini par s’estomper). Nous, on commence la réunion avec le traditionnel gâteau, l’animateur nous fait parvenir les
nouvelles du mois (un anim’, c’est sacrément pratique), puis on attaque les projets qu’on a retenus et on s’y met…tant qu’on reste sérieux. Parfois on réfléchi, mais comme en aumônerie, plus sur
notre action, sur ces gens qui vivent des moments durs et terribles, au message transmis par nos lettres, qu’ils puissent se dire que dehors, des gens, même des inconnus les savent en vie et ne
les oublient pas. On finit toujours la réunion par un temps de prière et de chant, avant de nous séparer pour un peu moins d’un mois.
A tous ceux qui viennent rejoindre l’ACAT, on vous souhaite de voir libérer l’homme, la femme que vous pourrez
soutenir et en attendant de lui donner l’espoir en plus de votre soutien.
Fraternellement.
Maxime,
A partir de la réflexion menée par les jeunes de l’ACAT en Normandie (Alice, Sophie, Marie, Romain, Mathilde, Camille, Marianne,
Céline, Thibault, Justine, Matthieu…)
PS : si le but premier de cette lettre est de vous convaincre à vous engager à nos côtés contre la torture, le second est qu’elle
vous donne une idée de ce que c’est que s’engager pour quelque chose.
Je n’ai pas mentionné les rencontres qu’on peut y faire. Des rencontres avec des gens qui ont vécu des moments forts. Ces gens
sont pour beaucoup au fait que nous sommes encore aujourd’hui, engagés à l’ACAT.