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depuis plus de 20 ans des havrais membres de l'ACAt (Action des Chrétiens pour l'Abolition de la torture) se mobilisent pour venir en aide aux victimes de la torture
Après 10 jours de grève de la faim, les prisonniers grévistes de la prison de Borj Er Roumi
ont été transférés dans différentes prison du pays. Mohammed, lui, a été envoyé à la prison de Saouaf dans le gouvernorat de Zaghouan. Et pour éviter que les familles ne se voient, les jours de
visites sont différents pour chacun. La famille de Mohammed doit trouver une voiture pour lui rendre visite à 150km de leur domicile. Nous espérons que cette mesure d'éloignement ne sera que
provisoire, et nous continuons d'écrire aux autorités tunisiennes pour demander la libération de Mohammed, ainsi que de tous les prisonniers d'opinion condamnés avec lui.
Nous continuons à recevoir des informations très inquiètantes suite à la grève de la faim dans la prison de Borj Er
Roumioù estemprisonné Mohammed ben Mohammed pour qui nous intervenons depuis de longs mois:
"Des famillessont privées de parloir et les prisonniers en grève de la faim sont transférés de la prison de Borj Er Roumi dansd’autres prisons L’administration de la prison de Borj Er Roumi a interdit de parloir
samedi 17 octobre2009 les familles de dizaines de prisonniers d’opinion en grève de la faim après qu’il leur eût promis jeudi
dernier la visite le samedi. En dépit du rassemblement de dizaines de familles devant la prison pendant plusieurs
heures, l’administration ne leur a pas autorisé la visite et a ventilé les prisonniers grévistes dans plusieurs prisons
du pays. Une famille a appris que son fils avait été transféré à la prison de Sers dans le gouvernorat du Kef. Des dizaines de prisonniers d’opinion poursuivent leur grève de la faim pour le
quatorzième jour d’affilée pour exiger leur libération. Des familles ont menacé de mener une grève de solidarité avec les grévistes si l’administration ne répondait pas aux revendications de
leurs enfants."
Maître Mohammed Nouri, président de l'association tunisienne "Liberté et équité"
Dans la matinée du 17
octobre, des familles de prisonniers victimes de la loi du 10 décembre 2003, nommée loi antiterroriste, se sont rassemblées devant la porte de la prison de Borj Er Roumi pour exiger que le
directeur de la prison, Makram Ben Ammar, les informe de la situation des leurs après qu’ils aient été interdits de parloir. Le directeur leur avait promis qu’ils pourraient leur rendre visite
puis était revenu sur sa promesse, ce qui avait ravivé les angoisses des familles et les a poussées à se rassembler pour exiger de connaître la vérité. Elles ont déposé des plaintes par le numéro
de téléphone de la Présidence : 71 742911
Une douzaine de prisonniers victimes de la loi dite antiterroriste avaient commencé une grève de la faim le 5 octobre 2009 pour protester contre la négligence dont
faisaient l’objet leurs revendications
-leur libération (nombre d’entre eux passent de longues périodes en préventive)
- l’amélioration de leurs conditions de détention (surpopulation, fumée, lits, visites)
- que soit pris en compte leur état de santé (maladies cutanées non soignées)
- ils sont visés par des traitements spécifiques et des punitions extrêmes (violences, isolement, privation de lit après la sanction)
Certains de ces prisonniers ont été privés de visites depuis qu’ils ont fait la grève de la faim :
1) Mohammed Ben Ali Atoui, a effectué 2 ans et 8 mois sur les 3 ans auxquels il a été condamné. Il est atteint de gale, qui a été négligée. Il n’a pas vu de médecin
et il souffre de convulsions, d’incapacité à se concentrer, et il a été privé dans la dernière période de visite directe)
2) Kaïs Ben Mohammed Khiari, il a effectué 2 ans et 8 mois sur les 4 ans auxquels il a été condamné
3) Ramzi Ben Abdelmajid Ben Saïd, il a effectué 4 ans et 4 mois sur les 5 ans auxquels il a été condamné
4) Mohammed Trabelsi (l’association ne dispose d’aucune information sur lui)
5) Hosni Ben Abdelmajid Yafreni : il a effectué 4 ans sur les 7 auxquels il a été condamné. (il a bu du shampoing lorsque s’est intensifié le harcèlement de
l’administration et de ses agents et l’administration a dû le transporter aux urgences de l’hôpital de Bizerte, cf. Le communiqué de l’association du 9 octobre)
6) Karim Ben Mustapha Ayari, il a effectué 3 ans et 5 mois sur les 7 années d’emprisonnement auxquelles il a été condamné (il a besoin d’une intervention
chirurgicale)
7) Maher Ben Salem Beziouche, il a effectué 4 ans et 3 mois sur les 4 ans et 5 mois aux quels il a été condamné.
8)Slim Ben Mohammed Habib, Il a déjà effectué 4 ans et 5 mois sur les 7 ans auxquels il a été condamné.
9) Mohammed Belhajj Ali Ben Mohammed, a effectué 2 ans et 8 mois des 4 ans auxquels il a été condamné (déchirure des tendons au niveau du genou)
10) Ghaith Ben Ahmed Ghazouani, a effectué 4 ans et 3 mois des 4 ans et 5 mois auxquels il a été condamné (son état de santé est dégradé, d’après sa mère qui lui a
rendu visite la dernière fois le 15 octobre : il marchait le dos courbé et se tenait le ventre)
Après un long silence je reviens sur les nouvelles
de Mohammed.
Notre Mohammed : Mohammed Hajj Ali Ben Saîd Ben Mohammed.
Le 11 novembre 2008, la 11ème chambre criminel de la cour d'appel de Tunis, présidée par le juge Farouk Gharbi, a examiné l'affaire n°11938 dans laquelle Mohammed et 6 autres personnes étaient
déférés. Ils ont affirmé que les aveux contenus dans les procès verbaux leur avaient été arrachés sous la torture. La défense a demandé d'annuler les condamnations du fait que le jugement était
frappé de nullité. Malgré cela Mohammed a vu sa peine ramenée à 4 ans de prison : 4 ans pour les faits qui, quelques années avant, lui avaient valu un non-lieu...
Depuis il a été transféré à la prison Borj el Roumi de Bizerte où sa famille peut lui rendre visite chaque jeudi.
Notre groupe continue à lui écrire, bien que depuis 2 ans il n'ai reçu aucune de nos nombreuses lettres!!!
Nous écrivons aussi aux authorités tunisiennes pour rappeler la violation du droit que constitue un jugement basé sur des preuves obtenues sous la torture. Nous leurs rappelons aussi que la liberté
d'expression n'est pas un délit et qu'elle ne doit pas être sanctionnée par un emprisonnement... Mais si nous parlons sans cesse de Mohammed, nous n'oublions jamais le sort des centaines d'autres prisonniers d'opinion qui remplissent les prisons tunisiennes. Nous ne manquons pas de les
mentionner dans nos différents courriers.
Le verdict est tombé le
10 juillet dernier: 5 ans d'emprisonnement pour Mohammed Ben Mohammed en vertu de la loi anti-terorriste. Nous'avons pas pu obtenir l'énoncé du jugement et ne pouvons le commenter. Mais nous
ne pouvons que nous poser des questions. Comment arrêter quelqu'un qui déjà en 2005 a été jugé, condamné à 10 ans de prison et enfin acquitté en appel pour les mêmes raisons? Comment condamner
quelqu'un qui depuis cet acquittement est surveillé en permanence par la police? Ses 7
co-accusés ont, eux aussi, été condamnés à des peines allant de 2 à 5 ans de prison. Maître Samir Ben Amor a bien sûr fait appel de ce jugement, et nous attendons la date de l'audience. Nous
continuons a suivre cette affaire qui se base sur aucun fait matériel, mais sur des aveux obtenus sous la torture.
André, le responsable de l'action suivie Philippines à l'ACAT vient de m'envoyer le plus beau message que je n'ai jamais reçu
sur internet: Fortunato Quito est libre depuis le 16 mars 2008
Depuis 15 ans le groupe ACAT/jeunes du Havre lui écrivait régulièrement; le portait dans ses prières personnelles et collectives;
intervenait en sa faveur auprès des autorités philippines; engageait des campagnes de protestation en sa faveur; informait de ses conditions de vie dans les médias; invitait les jeunes chrétiens
à lui écrire; faisait signer des pétitions dans les lycées et collèges..... je ne sais même pas tout ce que nous avons pu inventer pour parler de lui et sensibiliser au problème de la torture et
des prisonniers politiques philippins!
Et voila aujourd'hui il est libre! quel bonheur!
c'est le 24ème prisonnier que nous soutenons jusqu'à sa libération. Mais nous n'avons jamais eu un accompagnement aussi long,
traversant autant d'équipes différentes de jeunes de l'ACAT du Havre. Nous avons du être plus de 150 membres du groupe à nous relayer durant toutes ses années pour ne jamais arrêter cette
correspondance avec lui et les actions pour sa libération.
Voila, je voulais juste partager avec vous tous (que j'inonde régulièrement d'informations et de demande d'action) cette joie si
soudaine.
Réjouissons-nous, aujourd'hui un homme a retrouvé la liberté.
Demain nous continuerons notre engagement pour tous les autres, mais aujourd'hui il nous faut prendre la mesure de cette bonne
nouvelle.
Prison d’El Mornaguia, 1110 Mornaguia gouvernorat de Mannouba
TUNISIE(banlieue de Tunis)
Né le 28 avril 1977 dans la banlieue de Bizerte
Diplôme du baccalauréat en 1996
Titulaire d’une maîtrise de gestion depuis 2001
Mars 2003 : embauché à Tunisie Télécom comme gestionnaire financier.
-3 avril 2004 : arrestation illégale, son domicile est fouillé.
Torturé pendant sa garde à vue au ministère de l’intérieur à Tunis, contraint à signer un procès verbal, et écroué en vertu de la loi antiterroriste du 10 décembre
2003.
Détenu à la prison du 9 avril à Tunis dans des conditions inhumaines avec des droits communs : cellule de 40 lits pour 140 détenus et la violence entre les
détenus l’avaient conduit à une longue grève de la faim en mai 2005.
Condamné en première instance à 10 ans d’emprisonnement dans l’affaire dite de « Bizerte », une des premières où s’appliquait la loi anti-terroriste.
Procès très suivi par les défenseurs des droits de l’homme nationaux et internationaux ainsi que le journal « Libération ». Mohammed avait été parrainé par l’ACAT
pendant toute sa détention.
-3juillet 2005 : acquitté en appel avec 5 autres.
-il n’a jamais pu réintégrer Tunisie Télécom ; il a commencé un projet de ruches et de miel, mais la sûreté de l’état l’a harcelé :
contrôles, questionnaires, engagement à ne pas porter la barbe, retenue jusqu’à la nuit entière au poste de police. Lors du dernier ramadan, il ne pouvait quitter son domicile sans les avertir.
Et sur son acquittement de 2005 : « ton père a dû payer cher ta libération ! »
-20 janvier 2007:la sûreté s’est présentée à son domicile en son absence et l’a convoqué au district de Bizerte. Sa famille
l’a cherché pendant deux semaines avant de le retrouver à la prison d’El Monaquia. . Il a été torturé pendant ces 15 jours au secret.
-6 mars 2007 : 19 détenus du quartier Karraka de Mornaquia dont Mohammed et 8 autres prisonniers politiques ont été violemment agressés par des gardiens (coups
de bâtons, de poings et de pieds) après qu’ils aient fait la prière du matin collectivement.
-lundi 2 avril 2007 : 38 détenus de Mornaquia dont Mohammed ont entamé une grève de la faim pour exiger leur libération. En solidarité avec leurs enfants,
leurs familles les ont accompagnés dans cette grève qui a duré 3 jours.
philippin, prisonnier politique que nous suivons depuis 1993.
Au début des
années 90, il s’est mobilisé pour la réforme agraire, en tant que membre du parti communiste. Suite à la répression gouvernementale et à l’interdiction du parti communiste philippin, il s’est
réfugié dans les montagnes.
A l’annonce d’une réconciliation nationale par le président Fidel Ramos, il rentre chez lui à Dipolog City. Il est arrêté le jour-même comme
membre d’un parti politique interdit. 3 ans plus tard il est condamné à la prison à perpétuité. Aujourd’hui il attend le résultat de son appel contre ce jugement et refuse la grâce
présidentielle, déjà accordée à plusieurs détenus politiques. Il veut voir son innocence reconnue et continuera à se battre jusqu’à son acquittement.
Nous ne pouvons que saluer le courage de Fortunato. Après 15 ans de souffrance dans différentes prisons il continue son combat pour la justice,
pour lui et aussi pour tous les prisonniers politiques philippins encore en prison pour leur engagement en faveur des petits paysans sans terre.