Actualité

Jeudi 8 octobre 2009

Le 25 octobre prochain auront lieu les élections présidentielles et législatives en Tunisie, à l’issue desquelles le président et le parti au pouvoir seront reconduits à l’écrasante majorité des « voix », réitérant les scores des mandats précédents. En vertu d’un amendement de la Constitution en 2002, le président est inamovible.

La pérennité présidentielle s’est doublée de l’entrée en vigueur d’une nouvelle loi, promulguée le 10 décembre 2003, dite « de soutien à l’effort international de lutte contre le terrorisme et contre le blanchiment d’argent », qui a été appliquée dès 2004. Elle a été adoptée alors qu’en dehors de l’attentat contre la synagogue de Djerba le 11 avril 2002 – que les autorités refuseront dans un premier temps de reconnaître comme acte de terrorisme –, aucun événement particulier n’était à signaler. Les attentats du 11 septembre restent la justification pour le régime de la promulgation de ce texte, qui allait fabriquer en cinq ans, ex-nihilo, des terroristes par centaines, grâce à une définition extensive du terrorisme.

La promulgation de ce texte contredit implicitement la propagande du régime dont le refrain connu, destiné aux investisseurs étrangers et aux touristes, conjuguait la publicité sur la Tunisie, « terre de sérénité » et la dénonciation des « démocraties » occidentales laxistes, refuges des terroristes. L’application de la loi va conduire à l’arrestation et aux procès de plus d’un millier de jeunes Tunisiens en Tunisie cette fois-ci (chiffre avancé par les ONG de défense des droits de l’Homme en 2008), et à leur incarcération. Elle va transformer de facto le Tribunal de Première Instance de Tunis en juridiction d’exception car il est le seul compétent pour déférer les prévenus, à proximité des centres de décision, et d’ « instruction » dans les salles de torture du ministère de l’Intérieur tandis que des entorses sont prévues par rapport au code de procédure pénale en vigueur. La prison de Tunis va devenir leur lieu de détention le temps de la procédure.

En 2004, le couperet ne s’abat pas uniformément sur la jeunesse. La promulgation de la loi coïncide avec l’intervention impérialiste en Irak, cette dernière déclenchant des aspirations à la solidarité, y compris militaire, avec la résistance irakienne, sur fonds de retour à une pratique massive des rites musulmans au sein de la jeunesse des deux sexes. Aussi, le pouvoir laisse une partie de ces jeunes voyager et pratique une intense activité de renseignement. Les années suivantes sont celles de la répression massive, violente, obscène. Ces jeunes gens – car il s’agit d’hommes –, sont arrêtés de façon illégale, torturés lors de détention au secret, puis déférés devant le juge d’instruction qui les fait écrouer à la prison de Tunis sur la base d’aveux extorqués ou de procès verbaux signés sous la torture.

En prison, les mauvais traitements continuent. Lors de procès inéquitables, de lourdes peines sont distribuées, parfois plusieurs peines pour les mêmes faits. Les familles des accusés sont terrorisées par tout un arsenal d’intimidations, de menaces et de violences. Les jeunes, une fois libérés, sont soumis à un régime d’apartheid, les empêchant de travailler, de circuler et les privant de leurs droits. Ouvriers, lycéens, chômeurs, parfois étudiants ou artisans, c’est toute une génération aux intentions méconnues qui a été réduite au silence par la torture et ses séquelles. Et dire que certains rêvaient d’en découdre avec la répression vécue par leurs aînés : mieux vaut mourir en Irak que sous la torture en Tunisie. Au final bien peu auront gagné l’Irak, et la majorité d’entre eux, dont l’engagement n’a pas dépassé le stade de la fréquentation assidue de la mosquée locale et d’un respect scrupuleux des obligations religieuses, auront connu, comme leurs aînés, arrestations, tortures et emprisonnement. Puis viendra la répression déclenchée à la suite des affrontements armés de Slimane, fin 2006.

A la différence des prisonniers des décennies précédentes, aucun parti, aucune organisation ne les revendiquera et ne les soutiendra en prison. Ils sont atomisés, seuls pour se défendre face au système. L’absence de structuration préalable aura pour effet la multiplication des luttes individuelles en prison au début du quinquennat, dépassée depuis peu par des tentatives d’actions collectives (prières ou grèves de la faim). Cette répression qui a laissé des jeunes handicapés, meurtris, blessés et silencieux a eu pour corollaire imprévu l’entrée en lutte de leurs parents indignés. Ces derniers ont spontanément exprimé leur révolte et beaucoup d’entre eux ont pris des risques, créé des structures de solidarité, même informelles et plus ou moins ponctuelles. Des centaines de femmes que rien ne prédisposait à l’action politique ont tenté de s’organiser pour défendre leurs « enfants ».

De l’Italie à la Syrie en passant par les Etats-Unis, l’Irlande ou la France, bien des pays ont prêté main forte au régime tunisien en lui livrant pieds et poings liés des « terroristes » qui croupissent à leur tour en prison puisque la loi punit les actes terroristes commis à l’étranger ou depuis l’étranger. L’Italie s’est distinguée récemment en passant outre les injonctions de la Cour européenne des Droits de l’Homme lui recommandant de surseoir à l’exécution de renvois, et ce, à plusieurs reprises. Le 25 octobre, en refusant de jeter leur bulletin dans l’urne, quelque soit la couleur de ce dernier, les électeurs diront non à la massification de la torture, à l’anéantissement d’une génération, à l’institutionnalisation de l’impunité, et partant, à la pérennité de la dictature.

Luiza Toscane, militante pour les droits de l’homme en Tunisie et du droit d’asile en France, et auteur du livre Terre d’écueils, le droit d’asile BEN ALIéné.

 

Par acatjeune
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Vendredi 24 avril 2009

Communiqué du Centre Libanais des Droits Humains :
Paris- Beyrouth, 22 avril 2009 - Le Centre libanais des droits humains (CLDH) et la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH) rendent publiques des lettres adressées aux autorités libanaises, italiennes et vaticanes en janvier 2009, suite à l 'annonce de la nomination d'un ancien tortionnaire libanais au poste d'ambassadeur auprès de l'Etat du Vatican.
Le nouvel ambassadeur du Liban auprès du Saint-Siège, M. George Khoury, haut gradé de l’armée libanaise, a occupé plusieurs postes à responsabilité dans les services de renseignements de l’armée, dont il était finalement devenu le chef avant sa nomination aux fonctions d’ambassadeur.

La carrière de George Khoury au sein des services de renseignements de l’armée libanaise est entachée de nombreuses violations des droits de l’Homme, et en particulier de la pratique quasi systématique de la torture à l’encontre de détenus.

Selon les témoignages recueillis par nos organisations auprès des victimes, la responsabilité de M. Khoury dans la perpétration d'actes de torture est avérée.

Nos organisations rappellent qu'un terme ne pourra être mis à la pratique de la torture au Liban aussi longtemps que les bourreaux demeureront impunis. La nomination de George Khoury aux fonctions d’Ambassadeur représente non seulement une garantie d’immunité, mais également un affront majeur fait à toutes celles et tous ceux qui, dans leur corps et dans leur esprit, restent marqués par la torture qu’ils ont subie aux mains des services de renseignements de l’armée libanaise.

Nos organisations demandent aux autorités du Vatican de permettre que les crimes de torture dont M. George Khoury peut être tenu pour responsable ne restent pas impunis, en déclarant ce dernier persona non grata dans l'Etat du Vatican, conformément à l'article 9 de la Convention de Vienne de 1961 sur les relations diplomatiques.

Nous demandons également aux autorités libanaises d'ordonner sans délai l'ouverture d'une enquête sur les actes gravissimes susceptibles d’être imputés à M. George Khoury, et de prendre les mesures nécessaires pour que son immunité diplomatique soit levée, afin de permettre à la justice libanaise de se saisir de ce dossier.

Par acatjeune
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Lundi 20 avril 2009

A l’occasion du voyage du Premier Ministre François Fillon en Tunisie, nous voulons rappeler la situation de Mohammed Hajj Ali ben Saïd ben Mohammed, et à travers son histoire celle de centaines d’autres prisonniers d’opinion tunisiens.


Mohammed ben Mohammed est arrêté une première fois le 3 avril 2004 et contraint de signer un procès verbal sous la torture. Il est condamné en première instance à 10 ans de prison dans l’affaire dite de Bizerte, une des premières où s’appliquait la loi antiterroriste. En appel, le 3 juillet 2005, il est acquitté. Ce gestionnaire financier de Tunisie Télécom ne retrouve pas de travail à cause du système répressif policier auquel sont soumis les anciens prisonniers politiques. Le 20 janvier 2007, il est arrêté et détenu au secret pendant deux semaines durant lesquels il est soumis de nouveau à la torture. Le 10 juillet 2008, il est condamné à 5 ans de prison sur des aveux arrachés sous la torture. En appel le 11 novembre 2008 sa peine est ramenée à 4 ans de prison.


Mais qu’a fait Mohammed ben Mohammed pour mériter un tel acharnement ? Il a essayé de convaincre des salafistes extrémistes d’abandonner la violence. Malgré cela, il est accusé de terrorisme et toutes les charges retenues contre lui ont été constituées de toute pièce : c’est par la torture que l’on a obligé Mohammed ben Mohammed à signer ces procès verbaux qui l’accusent.


A la veille du départ pour la Tunisie de Monsieur Fillon, où le Premier Ministre français va rencontrer ses homologues tunisiens, nous voulons rappeler à travers ce témoignage le sort de plusieurs centaines de prisonniers d’opinion en Tunisie. Nous espérons que la question du respect des Droits de l'Homme ne sera pas oubliée dans les discutions de coopération en matière d'éducation et de nouvelles technologies de l'information.


Nous demandons sans cesse depuis 2 ans la libération du prisonnier d’opinion Mohammed ben Saîd Hajj Ali ben Mohammed. Nous le ferons jusqu'à sa libération.

Par acatjeune
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Mercredi 8 avril 2009

L’ACAT-France soutient l’initiative lancée par Emmaüs appelant les citoyens à manifester leur délit de solidarité envers les migrants et dès lors susceptibles d’être poursuivis pour aide à l’entrée ou au séjour irrégulier. Pour rappel la loi prévoit une peine de 5 ans de prison pour l'hébergement d'une personne en situation irrégulière, même si sa vie est en danger en cas de retour dans son pays. Une manifestation est organisée aujourd'hui un peu partout en France devant les Palais de justice.

Par acatjeune
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Mercredi 8 avril 2009

Le 15 mars 2009, les élections présidentielles salvadoriennes ont permis d'élire Mauricio Funes de tendance sociale démocrate. La particularité de cette élection est que le nouveau président est le candidat du FMLN (Front Farabundo Marti pour la Libération Nationale) ancienne guérilla qui a combattu la dictature au Salvador pendant 12 ans. Le bilan de cette terrible guerre civile est de 75000 morts dont 5% sont attribués à la guérilla et 85% à l'armée et aux escadrons de la mort largement soutenus par les Etats Unis (source: commission de la vérité des Nations Unies). Le 16 janvier 1992 les accords de paix étaient signés au Méxique, la guérilla rendait les armes et se transformait en parti politique: c'est ce parti qui vient de gagner les élections présidentielles contre l'ARENA parti d'extrème droite soutenu par les 2 autres partis de droite. L'ARENA a été fondé par le sinistre major d'Aubuisson chef de l'armée pendant la guerre civile et directement responsable de l'assassinat de Monseigneur Oscar Roméro.
Notre groupe ACAT/jeunes est resté en contact avec Jean-Louis prêtre français alors curé de la paroisse San Francisco Lempa dans les montagnes salvadoriennes. Au début des années 90 il nous écrivait en nous parlant des bombardements de l'armée sur son village situé dans une zone de présence de la guérilla. Le dessin a été fait par un jeune de sa paroisse pendant cette guerre civile et nous parle de l'aube d'un nouveau jour que l'on voit poindre à l'horizon d'un monde dévasté par la guerre: terre brûlée, arbre mort, montagne noire...
Nous avons toujours gardé ce message envoyé en pleine période de détresse où la paix semblait inaccessible. Ces chrétiens salvadoriens savait malgré tout garder l'espoir.
Nous voudrions partager ce message avec tous ceux qui se trouve en détresse, en situation d'échec, dans des pays où règnent la terreur et l'arbitraire. Les salvadoriens nous ont donné ce "talisman" : au coeur des ténèbres nous pouvons voir luir l'aube d'un nouveau jour.
Par acatjeune
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Lundi 2 juin 2008
ce samedi 30 mai 4 membres du groupe ont participé à une réunion des jeunes d'une paroisse des environs du Havre (Criquetot, Gonneville, Saint Jouin, ...). Nous avons partagé nos convictions pour un monde sans torture et essayé de dire la vérité sur la torture aujourd'hui: qui la subit, qui la pratique, comment, pourquoi, etc...
Nous leur avons proposé de participer à 3 de nos actions: la campagne sur le respect des droits de l'homme en Chine, un appel urgent pour Youssef Chaabane, libanais en prison depuis 14 ans alors que l'on détient les preuves de son innocence, et nous avons écrit à Mohammed ben Mohammed, détenu tunisien pris en charge par notre groupe (voir l'article se rapportant à lui):
"bien cher Mohammed,
aujourd'hui, un groupe de jeunes chrétiens d'une paroisse de la région havraise nous a invité pour parler de notre action en faveur des victimes de la torture. Bien évidemment nous leur avons parlé de toi. Nous avons discuté sur la situation du monde et ce qu'il faut faire pour construire un monde sans torture. Ils se joignent à nous pour te soutenir dans l'épreuve que tu traverses. Nous pensons bien à toi et te portons dans nos prières.                                                                                    François, Pierre, Loïc, Tristan, Sophie, Guillaume, Jehanna, Fleur, Fabien, Valentin, Clément, Laurine, Caroline, Cynthia, Juliette, Anaïs, Maxime, Thibault, Justine.
Par acatjeune
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Mardi 29 avril 2008

Weed’hom, qu’est ce que ce nouveau mot peut bien signifier ?

 

Il semble venu d’ailleurs, d’un lieu où des Hommes veillent, où des consciences s’élèvent, où des personnes sans influence particulière se disent qu’à plusieurs on peut faire changer les choses. Un endroit, plein d’espérance et de compassion où, en plus d’ouvrir les yeux, on raconte des histoires. 


Connaissez vous l’histoire des étoiles de mer ?
Il s’agit d’un enfant sur la plage à marée basse. Bien sûr, il joue. Son jeu est très sérieux, il ne s’agit pas de construire un château de sable, ou de vider la mer dans le trou qu’il a creusé, non, son jeu est bien loin de ces considérations de petit homme en devenir qui pense déjà à son confort et tente d’exercer sa puissance sur les éléments.
Son jeu, c’est de remettre à l’eau toutes les étoiles de mer qui sont là, suffocantes et constellant le sable humide. Une à une, il les y lance.
C’est alors qu’un adulte arrive et lui demande ce qu’il fait. Il explique qu’il lance des étoiles de mer, à la mer ! L’adulte demande alors : « Pourquoi fais-tu cela ? Tu vois bien qu’il y en a trop et que tu n’arriveras jamais à toutes les sauver ! ».
L’enfant répondit, une étoile à la main : « Oui, mais pour celle là, ça change tout ! » et il continua sa tâche.

 
L’endroit dont je vous parle, se trouvait cette année, les 5 et 6 avril, à Marly le Roi, en un lieu chargé du souvenir de la Shoa et qui est désormais dédié aux jeunes, à l’éducation, aux associations, …
C’est là, que se tenait le Weed’hom, c’est là, que les chrétiens de l’ACAT (Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture) ont échangé leurs histoires et leurs idées pour aider les prisonniers victimes de tortures, d’incarcérations arbitraires et disproportionnées ou frappés de la peine de mort.

Ces chrétiens de tous âges et de toutes confessions ont commencé leurs échanges par découvrir la réalité des droits de l’Homme en Chine.
En effet, la Chine, du fait des Jeux Olympiques, était au centre des discussions mais elle est restée un triste exemple parmi beaucoup trop d’autres pays qui malheureusement lui ressemblent.


Vint ensuite, l’édifiant témoignage de Lu Decheng, qui a été torturé et a passé 10 années de sa vie en prison, pour avoir jeté des œufs emplis d’encre sur le portrait du président Mao lors des évènements de Tiananmen, il y a 19 ans.

Accompagné de la Présidente de Solidarité Chine, Marie Holzmann, sinologue et traductrice, nous avons pu mesurer toute la complexité et toute la perversion des autorités Chinoises, comment la manipulation et la dictature effrayaient et privaient de liberté le peuple chinois, comment les informations étaient détournées, comment l’histoire était modifiée ou étouffée.


Après ce témoignage et les échanges qui s’en suivirent, le président de l’ACAT France est intervenu pour expliquer la situation de l’association ACAT, ses actes et sa démarche vers un monde sans torture.

 

Cet après-midi passé, place à la détente et à une soirée concert animée par le groupe de Rock chrétien Nomade, qui venait spécialement du sud de la région parisienne. Habitués à animer des rassemblement de jeunes, ils ont eu du mal à gagner l’enthousiasme d’un public dont la moyenne d’âge était assez élevée (~60ans).

 

 

Après une courte nuit pour certains de notre groupe qui ont préféré se retrouver autour d’une guitare, d’une flûte et de quelques chants joyeux, la journée du dimanche a débuté par une célébration œcuménique en l’église Saint Thibaut de Marly le Roi. Ce moment de prière et de communion multi confessionnel fut suivit d’activités destinées à envisager de nouvelles actions de lutte contre la torture. Nous avons donc érigé le « mur des idées folles » et écouté les témoignages d’adhérents de l’ACAT et de prisonniers soutenus et libérés. En fait, le témoignage d’une étoile de mer pour qui tout avait changé depuis que les geôliers recevaient régulièrement les lettres de l’ACAT et d’autres organisations.

 

Parmi les idées folles, nous avions : le boycott des Jeux Olympiques, la coordination des actions entre Amnesty International et l’ACAT, des vêtements de sport arborant des slogans en faveur des droits de l’Homme, l’organisation d’un concert de soutien aux détenus et destiné à promouvoir l’ACAT et encore plein d’autres idées plus folles les unes que les autres !

 

Avoir des idées, c’est bien ; quand elles sont folles, c’est mieux ; mais les réaliser, n’est ce pas leur raison d’être ?
C’est pourquoi notre groupe s’est lancé dans l’organisation d’une soirée concert à l’occasion de l’anniversaire de la déclaration des droits de l’Homme en décembre prochain. Nous voulons par cette action faire connaître l’ACAT, soutenir des victimes, tisser des liens avec des organisations qui vont dans le même sens.

Serez-vous de la partie, serez vous, avec nous les flocons de neige qui briseront la branche « torture » de l’arbre de l’inhumanité 
Nicolas


photos de Justine
 

 

Par acatjeune
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Jeudi 17 avril 2008

Les membres du groupe ACAT/jeunes du Havre ont participé au WEED'HOM 2008 premier week-end national pour les jeunes qui avait lieu en marge de l'assemblée générale de l'ACAT à Marly. Ils en ont rapporté le témoignage de Decheng Lu


 

Cette conférence a été  traduite du mandarin en français par Marie Holzmann, sinologue qui a fait une courte introduction en répondant à la question de savoir pourquoi il fallait encore parler de la tragédie de Tiananmen aujourd'hui, 19 ans après les faits. 

S'il faut parler de cette répression des 3 et 4 juin 1989 c'est qu'à ce jour, des centaines de militants des droits de l'homme et des opposants politiques sont encore en prison. De plus, il est toujours totalement interdit de commémorer le massacre de Tiananmen en Chine à tel point qu'un individu a été emprisonné quatre ans pour avoir suggéré de se rappeler ces événements par des bougies en 2001. Enfin, car c'est en niant ce qui s'est passé  que le Parti Communiste Chinois assure sa propagande.

Dencheng Lu :

Nous étions trois amis du Hunan, province chinoise d'où était originaire Mao. En 1989, quand ont commencé les premières manifestations, les étudiants n'étaient pas hostiles au système, mais désiraient la fin de la corruption. Et comme en Chine les paysans du Moyen Age venaient à Pékin pour demander à l'Empereur une grâce, les étudiants étaient mus par cette idée qu'en demandant à Tiananmen à leurs dirigeants la fin de la corruption, ils obtiendraient satisfaction. Ils n'avaient pas de conscience politique suffisamment mûre pour réclamer la démocratie, ni la connaissance de leur histoire et de la répression des démocrates par le PCC, ce que nous avons compris plus tard.

En effet, nous trois, en voyant ce qui se passait à Pékin, nous pensions que c'était le moment de réformer politiquement le pays. Aussi, nous sommes partis pour Pékin en train, voyage qui dura 23 heures. Il y avait beaucoup de monde et dans la confusion générale, nous n'avions pas acheté de billets. Quand nous sommes arrivés à Pékin le 19 mai, il y avait deux millions de personnes sur la place. Il y avait des gens qui faisaient des grèves de la faim, des manifestations silencieuses, des mouvements de protestations, et tout cela depuis le 15 avril.

Nous voulions encourager les pékinois à renverser le système politique mis en place par le PCC, aussi, nous avons commencé à distribuer des tracts qui finissaient par une phrase qui disait de ne pas attendre que le PCC vînt donner une leçon de dictature au peuple. Mais nous n'avons eu aucune réaction positive et personne ne nous a suivi dans notre combat. Malgré tout, nous avions de l'affection pour tous ces étudiants. Nous nous sommes dits qu'il fallait les réveiller, et nous projetions de décrocher le portrait de Mao. Comme nous n'étions pas équipés pour escalader le portrait, nous avions pensé le barbouiller avec de l'encre. Et pour ne pas blesser de manifestants, nous avons eu l'idée de mettre de l'encre dans des œufs que nous avions gobés, et de les lancer. Le portrait de Mao fut taché tout comme la chemise d'un étudiant qui désirait qu'on lui remboursât son vêtement, sans comprendre la portée politique de notre geste.

Nous sommes devenus trois délinquants aux yeux des étudiants qui nous ont livrés à la police. Nous fûmes peinés de voir nos concitoyens étudiants comme nous nous dénoncer. Tout ceci montre le caractère délabré de la morale et de la psychologie des chinois. Des dizaines d'années de propagande leur ont fait oublier ce qu'est l'humanisme. Et par notre geste, nous voulions réveiller les consciences.

Nous avons été enfermés dans un commissariat de Pékin plusieurs jours. De là, nous fûmes transférés en voiture découverte dans laquelle nous étions menottés, agenouillés et entourés par six policiers dans un centre pénitentiaire. J'étais affaibli et je ressentais de la terreur de voir ces policiers m'humilier en me forçant à être à genoux, les pieds sous les leurs.

 

Dans ce centre, les personnes détenues étaient torturées. Elles étaient si peu nourries qu'une heure après le repas, elles n'avaient qu'une pensée, celle de connaître l'heure de prochain repas. Et pendant les deux repas, elles étaient assises par terre sans bouger pendant quatre heures. Le chef de la cellule battait chaque prisonnier dès qu'il bougeait, ce qu'il ne pouvait pas ne pas faire. Enfin, il n'etait permis d'aller aux toilettes qu'à deux reprises chaque jour, et pendant moins de cinq minutes. Ces méthodes n'ont pas changé et sont toujours appliquées aux prisonniers chinois.

Dans ma cellule de neuf m2, nous étions une douzaine car il y avait eu de nombreuses arrestations. J'y ai gardé mes menottes 24h sur 24 pendant six mois. Le 22 juin, je me rappelle que j'étais avec un condamné à mort dans ma cellule car il avait brûlé une voiture de policier. Nous nous étions mutuellement aidés à nous reboutonner après être allés aux toilettes juste avant qu'il fût exécuté.

 

Puis je fus transféré dans ma province natale, dans un laogai, où je travaillais pour réparer des machines fabriquant des cravates pour l'exportation 14 heures par jour. Nous devions remplir des objectifs sans quoi nous étions attachés avec des menottes ce qui était très douloureux.

Aujourd'hui, je garde encore des séquelles de ces mauvais traitements, à savoir quelques cicatrices, mais mes deux amis ont été battus à tel point que l'un a eu les dents cassées et l'autre a perdu ses facultés mentales après une commotion cérébrale.

Je fus libéré après neuf années de détention, j'ai fui en 2004 en Thaïlande et je choisis de quitter la Chine pour aller trouver asile au Canada.

Je suis arrivé en 2006 à Toronto où je fus engagé comme ouvrier par des chinois. Le patron me mit à la porte dès qu'il sut ce que j'avais fait. Il avait peur d'éventuelles répercussions. C'est sur cette peur, qui traverse les frontières, que le système chinois fonctionne. Aujourd'hui, je donne des conférences à travers le monde pour témoigner de mon histoire afin de faire connaître la réalité des droits de l'homme en Chine pour qu'ils soient appliqués. Je vous remercie de votre attention.

Par acatjeune
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Lundi 19 novembre 2007
En septembre 1987, Catherine venait me voir pour créer un groupe ACAT (action des chrétiens pour l'abolition de la torture) à l'aumônerie des lycées du Havre. Déjà membre de l'ACAT et animateur dans cette aumônerie, j'ai accepté d'animer ce groupe à condition qu'elle en trouve les membres: quelques jours plus tard, nous tenions notre première réunion au "23", nous étions 7 ou 8 lycéens et un adulte animateur .
Depuis ce jour, et pendant 20 ans, nous nous réunissons tous les mois pour nous informer, réfléchir, prier et agir en faveur de nos frères torturés. Le groupe s'est renouvelé chaque année, et malgré parfois quelque crainte en septembre, est toujours resté assez étoffé pour assumer  son engagement: construire un monde sans torture nous.jpg   le groupe ACAT/jeunes du Havre autour de Gergès
de passage 
au Havre après sa libération

Même si ce but n'est pas atteint aujourd'hui, nous pouvons compter de nombreuses réussites. A part 
Fortunato Quito aux Philippines et Mohammed Hajj Ali Ben Saïd Ben Mohammed en Tunisie pour qui nous agissons encore, les 23 autres prisonniers que nous avons parainnés ont été libérés:
Sydney
en Afrique du Sud; Gilbert aux Philippines; Cestmir en Tchécoslovaquie; Arlène aux Philippines; Blaise au Bénin; Roberto aux Philippines; Hernann au Chili; Antonio , Sartunino et Julie aux Philippines; Viktor en Russie; Suad en Palestine; Alejo aux Philippines; Nahil en Palestine; Viorel en Roumanie; Baschaier en Palestine; Felipe de Jesus au Mexique; Mohammad en Palestine; Georges en Syrie et Gergés au Liban.
Nous avons aussi soutenu des demandeurs d'asile jusqu'à l'obtention de leur statut de réfugié: Djamal d'Algèrie;
Séraphin du Congo-Brazzaville; Michel du Congo-Kinshasa; Tanguy du Congo-Brazzaville (qui a fait partie du groupe jeunes); Arsène du congo Brazzaville et Egide du Rwanda, membre du groupe.
Au dela des actions et des campagnes de sensibilisation, il est important de nommer les personnes que nous avons aidées. En soit cela justifie notre existence.

Au bout de ces 20 ans de combat pour un monde sans torture, j'ai eu envie de fêter ça: notre vie d'équipe, nos actions inlassables, nos fous rire, nos discutions sans fin, nos essais de sensibilisation des autres jeunes avec ses échecs et parfois quelques réussites, nos écrits nos chansons nos prières, les gâteaux des jeunes toujours réussis, nos rencontres avec d'autres militants d'un monde plus juste...


C'est pourquoi nous avons organisé une journée
"pour un monde sans torture" le samedi 1er décembre 2007 de 14h30 à 22h30 au Havre. Et nous y invitons toute personne intéressée par notre engagement et prête à participer à son niveau et à sa manière à ce vaste combat contre la torture.

François

Par acatjeune
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Vendredi 16 novembre 2007
le 1er décembre 2007, nous fêterons les 20 ans d'existance du groupe
ACAT/jeunes du Havre. Ararat2.jpg Après la réflexion et le célébration de l'après-midi,
c'est à un concert gratuit du groupe Ararat que nous vous invitons. Ce groupe composé de 6 musiciens est né à la fin de l'année 2003 près d'Angoulême, après s'être rencontré à l'occasion de différentes animations. Leur musique c'est de la pop-rock-louange. Pour moi qui ne connaissait pas ce type de musique ce serait plutôt du rock chrétien, mais les mots... En tout cas ce sont de très beau textes, bien arrangés, et qui rejoignent les péoccupations de l'ACAT: "mais pour un monde meilleur? j'ai besoin de toi. Donne-moi cette force, lève-toi et suis-moi"", "la vie vaut d'être vécue, ce qui n'est pas donné est perdu", "regarde ces guerres. Ce sont nos frères qui sont là-bas."
Les musiciens: Nicolas à la guitare et au chant, Elise au chant, Clément à la guitare solo, Samuel au clavier, Sam à la basse et Fred à la batterie. Et en plus Brunor au dessin.
Alors rendez-vous à 20h30 à l'église Sainte Marie du Havre place Jean de Brozec pour ce concert à l'issu duquel vous pourrez faire connaissance avec les membres du groupe ACAT/jeunes du Havre et vous familiariser avec leur actions pour un monde sans torture. Vous pourrez aussi y trouver les 2 CD du groupe Ararat!
Par acatjeune
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