
En guise d’introduction, François Vaillant a tenté de définir les termes suivants : violence, agressivité, conflit et contrainte.
La violence est définie par tout acte ou pensée qui atteint l’intégrité physique de soi ou d’autrui. Or la nature humaine est telle qu’elle nécessite le respect même si l’autre est un adversaire.
L’agressivité est en revanche nécessaire selon Freud. Le problème n’est pas son existence, mais ce que nous en faisons. Soit nous l’orientons vers une action constructrice, soit nous l’orientons vers la violence.
Le conflit n‘est pas un mal en soi. Il est nécessaire pour que la vie humaine progresse. Le problème qui se pose est celui de sa résolution. La contrainte en revanche n’est pas une violence.
Avant de s’attacher à l’origine de la non violence, François Vaillant a tenu à rappeler que la violence était toujours un mal car elle engendrait le meurtre, ce que raconte bien l’histoire de Caïn et Abel.
La non-violence telle que nous la connaissons aujourd’hui nous vient de Gandhi. Gandhi n’est pas né non-violent, il est devenu non-violent.
En effet, il est issu des brahman, la caste supérieure en Inde, et a vécu une jeunesse presque dorée en Inde malgré l’occupation britannique. Il part faire ses études de droits à Londres où il découvre la Bible et le Coran. Bien qu’introverti, il est curieux de tout et découvre le monde occidental. Puis, au lieu de retourner en Inde, il part en Afrique du Sud pour défendre les intérêts d’une entreprise d’import-export. C’est là-bas qu’il découvre la misère de ses frères indiens et le racisme. Il va en effet être chassé d’un train et jeté sur le quai car il était dans une voiture réservé aux blancs.
C’est à cette époque que Gandhi va recevoir par hasard une lettre de Léon Tolstoï. Cet intellectuel russe, qui est une référence morale, donne ses terres aux paysans qu’il veut instruire, en 1908. Et, étant au courant des attentats hindous contre les occupants britanniques, il écrit à l’un d’eux en lui demandant de rendre le bien pour le mal. Gandhi reçoit cette lettre et entre en action non-violente. En 1913, alors qu’il est en prison, il lit la désobéissance civile de Toro. À sa sortie de prison, il va brûler publiquement des passeports. Il retourne en Inde en 1930 pour y faire de la non-violence (c'est-à-dire du boycott, de la désobéissance civile). Et il décide symboliquement de faire à pied 300 km pour aller chercher lui-même du sel, ce qui est interdit. Cette marche du sel a permis aux Indiens de parvenir à la première négociation pour l’indépendance.
Aux Etats-Unis, Martin Luther-King va recourir aux luttes non-violentes pour obtenir l’égalité des droits entre les blancs et les noirs. En 1963 à Birmingham, alors qu’une loi fédérale demandait à ce que les blancs et les noirs ne connussent pas de ségrégation, les blancs vivaient dans un quartier interdit aux noirs. Aussi, il décida d’y aller malgré les lances à incendie qui étaient là pour les repousser. Il fallut y aller plusieurs fois et quand ils furent plus de 3000, ils purent pénétrer dans le quartier.
Dans l’action non-violente, c’est le face à face qui est recherché. Le visage, propre de tout être humain est nu. C’est ce visage qui est l’arme des non-violents.
Puis, un débat a permis un échange entre François Vaillant et le public. Tout d’abord, il fut fait mention d’une carence dans les formation à la non-violence. Puis, au sujet de la Bible, François Vaillant a souligné que la violence faisait partie de l’histoire biblique. Et c’est Jésus qui va interdire les représailles, la vengeance, par sa crucifixion qui est la violence infligée par les Romains.
Ensuite, en ce qui concerne l’action non-violente, François vaillant a rappelé qu’il fallait un objectif précis, limité et atteignable, pour faire une brèche dans le rapport de force avec l’adversaire.
Enfin, il insista sur le fait que la non-violence n’est ni de la passivité ou de la résignation, ni de l’antimilitarisme. Il posa d’ailleurs la question de l’éventuelle nécessité à la violence.