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depuis plus de 20 ans des havrais membres de l'ACAt (Action des Chrétiens pour l'Abolition de la torture) se mobilisent pour venir en aide aux victimes de la torture
Georges CASALIS a fait partie de ceux qui ont pensé l'ACAT dès ses débuts. Voici le texte qui écrivait à Pâques 1976
Pâques,c'est refuser que les hymnes au Ressuscité couvrent les sanglots des abandonnés, les
cris des torturés et le silence des affamés dont le journal et la télévision quotidiens informent ceux qui acceptent de l'être.
Je ne chanterai donc pas des "Alléluia" qui servent d'alibi à la mort de l'Homme sous tous les régimes et les latitudes.
Plus je méditerai l'Evangile du Vainqueur de la mort, et plus je lutterai contre tout ce qu'il y a d'intolérable dans le monde d'aujourd'hui.
Il n'ai de bonne parole pour moi que si elle l'est d'abord pour les pauvres et les opprimés à qui elle annonce la fin de leur oppression. et pour les puissants à qui elle adresse un
avertissement formel : ils seront jetés à bas de leur trône et de leurs privilèges et pourront enfin devenir des hommes solidaires et fraternels.
Si Pâques ne signifie pas le grand chambardement de tous les ordres de mort, c'est une affreuse dérision. Si la conversion ne s'exprime pas dans une claire prise de position en action comme
en parole contre tout ce qui assassine les Hommes, elle n'est qu'aliénation et opium pour ceux qui rêvent du ciel en s'efforçant d'ignorer la terre ou en désespérant d'elle. Si la résurrection
n'est pas l'insurrection tous azimuts de la vie impossible et improbable, de la volonté résolue d'un avenir meilleur pour tous les hommes, elle n'est qu'une parole vide et inutile.
Pâques, c'est sans cesse entreprendre parce qu'on espère; c'est persévérer en dépit des échecs et de la mort; c'est refuser la résignation au mal comme au malheur; c'est parier sur des
victoires, toujours provisoires et ambigües, de la vie, en croyant qu'elle aura le dernier mot dans chacune de nos histoires et dans l'aventure collective de l'humanité.