...il faut du bonheur, et rien d'autre.
Paul Eluard dans "le chateau des pauvres"

...il faut du bonheur, et rien d'autre.
Paul Eluard dans "le chateau des pauvres"
Conférence des responsables de cultes en France:
Les membres de la Conférence des responsables de culte en France, d’une seule voix, condamnent avec la plus grande vigueur les attentats perpétrés dernièrement à Bagdad et à Alexandrie endeuillant la communauté chrétienne. Ces violences faites « au nom de Dieu » contre d’autres croyants sont insupportables, elles ne blessent pas seulement une religion mais l’humanité tout entière. Nous voyons de plus en plus monter une violence dont nous récusons l’argumentation religieuse. Cette intolérance est déjà à l’oeuvre dans notre propre société, elle se manifeste dans les dégradations de lieux de cultes et les menaces envers des croyants.
En tant que responsables religieux nous déclarons fermement que nul ne peut se prévaloir des religions que nous représentons pour légitimer des violences, des ségrégations et même du mépris à l’égard d’un être humain.
Nous encourageons les fidèles de nos communautés à résister au repli et à la peur ; nous sommes convaincus qu’ils sauront prendre la mesure de cette responsabilité. Nous ne voulons pas que la religion soit instrumentalisée à quelque fin que ce soit. Nous désirons être artisans de paix dans notre pays et dans le monde.
Hommes et femmes de bonne volonté, croyants et non-croyants, il nous faut sans cesse travailler à la réconciliation, sachant que la haine de l’autre est une maladie mortelle pour l’ensemble de la société. La fraternité est un défi que nous sommes appelés à relever, tous ensemble.
Ce soir 20 janvier, un collectif de tunisiens du Havre a décidé de créer l’association TUNISIE DEMAIN (association ouverte à tous). L’association appelle toutes les forces démocratiques à un rassemblement de soutien au peuple Tunisien. Samedi 22 janvier 2011 à 14 H 30 devant l’Université, rue Philippe Lebon au Havre.
C'est avec une grande joie que nous apprenons la libération
du journaliste tunisien Fahem Boukadous le mercredi 19 janvier. De très nombreux membres de l'ACAT lui avaient envoyé des messages de soutien et avaient observé une journée de jeûne solidaire.
Rappel de la situation : Fahem Boukadous, journaliste de la chaîne satellitaire Al-Hiwar, a assuré la couverture médiatique du soulèvement populaire du bassin minier de Gafsa en 2008. Face à la répression brutale du mouvement à laquelle s’est livrée la police tunisienne, F. Boukadous est entré dans la clandestinité, le 5 juillet 2008. Six mois plus tard, il a été condamné par contumace par le Tribunal de Première Instance de Gafsa à 6 ans d’emprisonnement, confirmés en appel le 5 février 2009 pour « participation à une entente visant à préparer et à commettre des agressions contre des personnes et des biens ; distribution, vente, exposition et détention, dans l’intention de les diffuser, de documents susceptibles de troubler l’ordre public dans un but propagandiste ».
À la fin de l’année 2009, il s’est livré à la police tunisienne et a fait opposition de son jugement. Il a ainsi eu droit à un nouveau procès. Le 23 février 2010, le Tribunal de première Instance de Gafsa l’a condamné à 4 ans d’emprisonnement, peine confirmée en appel, le 6 juillet 2010. Le procès en appel s’est déroulé en l’absence de F. Boukadous, hospitalisé à Sousse pour des problèmes respiratoires. Dès sa sortie de l’hôpital, le 15 juillet, il a été immédiatement incarcéré à la prison de Gafsa.
Il a mené une grève de la fin du 8 octobre au 15 novembre 2010, pour protester contre ses mauvaises conditions de détention qui menacent sérieusement sa santé. F. Boukadous souffre notamment d’un asthme sévère.
"Oui le cauchemar il est fini. Aujourd'hui s'ouvre une nouvelle ère pour la Tunisie". Voila ce que je viens d'entendre au téléphone de la part des proches de Mohammed en prison depuis le 20 juillet 2007, et pour qui nous intervenons depuis de nombreux
mois.
Après la libération des prisonniers de droit commun ces derniers jours, nous attendons d'un jour à l'autre celle des prisonniers politiques.
L'ACAT-France continue à appeler à la poursuite de tous les agents de police qui - sur ordre ou avec l'assentiment de l'ancien
président Ben Ali - se sont livrés à des exactions à l'encontre des manifestants et des membres de l'opposition, depuis le 17 décembre 2010, date de début de la
mobilisation.
Rappel de la situation
Depuis le 17 décembre et la tentative d'immolation par le feu d'un jeune diplômé vendeur ambulant de fruits qui venait de se faire confisquer sa marchandise, la région de Sidi Bouzid est le théâtre d'un mouvement de protestation croissant qui s'étend aujourd'hui à tout le pays. Étudiants, chômeurs, syndicalistes et opposants politiques descendent dans la rue pour dénoncer le chômage endémique, la corruption et la politique sécuritaire du gouvernement. La répression policière, de grande ampleur, a déjà fait plusieurs victimes. De nombreux jeunes manifestants ont ainsi été blessés, dont au moins neuf par balles, et des dizaines ont été arrêtés. Des avocats et des journalistes ont aussi été arrêtés ou tabassés pour avoir médiatisé ou participé au mouvement de protestation.
Le 17 décembre, le journaliste du site Internet assabilonline Zouheir Makhlouf a été tabassé et s'est fait voler sa caméra par trois policiers en civil armés de bâtons, devant son domicile à Tunis, alors qu'il s'apprêtait à se rendre à Sidi Bouzid pour faire un reportage sur l'immolation du jeûne diplômé.
Le 28 décembre, deux avocats, maîtres Choukri Belaïd et Abderraouf Ayadi , ont été enlevés par des agents en civil. Tous deux venaient de prendre la parole au cours d'un rassemblement de près de 300 avocats, organisé, à Tunis, en solidarité avec le mouvement de protestation de Sidi Bouzid. Ce n'est que lors de leur libération, le lendemain matin, que les proches des deux disparus ont pu savoir où ils avaient été détenus. Me Ayadi a raconté à l'ACAT-France qu'il a été arrêté à la sortie de chez lui à 17h, par sept agents en civil qui l'ont embarqué, sans mandat. Ils l'ont traîné par terre puis l'ont allongé entre les sièges d'une voiture. Il a été cagoulé et pendant le trajet vers un lieu inconnu, un agent pressait son genoux sur le visage de Me Ayadi jusqu'à ce qu'il suffoque. À l'arrivée, ils ont refusé de lui dire où il était. Ils l'ont déshabillé, ne lui laissant que son caleçon et son maillot de corps. Ils l'ont obligé à rester assis sur une chaise une partie de la nuit, le menaçant et lui précisant notamment que ni la France, ni les États Unis ne pourraient venir à son secours.
Le 29 décembre, à Gafsa, Ammar Amroussia, porte-parole du Parti communiste des ouvriers de Tunisie et correspondant du journal
Al-badil, a été arrêté, devant témoins, par quatre agents en civil qui n'ont présenté aucun mandat. La veille, A. Amroussia avait pris la parole au cours d'une manifestation au centre de Gafsa.
On est sans nouvelle de lui.
Le même jour, le journaliste Mouldi Zouabi a été arrêté dans la ville de Jendouba. Il a été relâché ce matin et souffre de sérieux
maux de tête dus aux violences dont il a été victime pendant sa détention.
...par ceux qui font oeuvre de paix. Epître de Saint Jacques III, 18.
Nous venons de recevoir ce message de la FIACAT (Fédération Internationale de l'Action des Chrétiens pour l'Abolition de la Torture) alors que nous
apprenons la libération imminente des prisonniers politiques en Tunisie!
Le 12 janvier, le président Ben Ali a ordonné à la police politique d'arrêter Hamma Hammami,
chef du Parti communiste des ouvriers de Tunisie (PCOT) et époux de Radia Nasraoui, avocate défenseure des droits de l'homme et présidente de l'Association pour la lutte contre la torture en
Tunisie. Cette arrestation fait suite à des interviews données la veille par Hamma Hammami, dans lesquelles il critiquait le gouvernement de Ben Ali.
Vingt agents en civil ont fait irruption au domicile de Hamma Hammami. Ils ont forcé la porte et sont entrés,
sans présenter de mandat. Hamma était chez lui, avec sa fille de 11 ans, un jeune avocat militant au sein du même parti, Mohamed Mezam et une amie, Mounia Obaid, qui venait de
sortir de l'hôpital où elle avait été soignée pour une maladie chronique.
Les agents de la police politique ont enlevé Hamma très rapidement et ont roué Mohammed Mezam de coups, avant
de l'embarquer avec Mounia Obaid, tout cela sous les yeux de sa fille qui s'est enfuie de la maison.
Mounia Obaid a été libérée quelques heures plus tard car son état de santé se dégradait
sérieusement.
Depuis le 12 janvier, les familles de Hamma Hammami et Mohammed Mezam sont sans nouvelles des détenus. Radia
Nasraoui et Rim Harouni, épouse de Mohamed Mezam, ont demandé au procureur de révéler leur lieu de détention, ainsi que les motifs de leur arrestation. Le procureur a dit n'avoir aucune
information. Le 13 janvier, plusieurs avocats dont Radia Nasraoui, ont porté plainte contre l'arrestation arbitraire des deux détenus.
Le 14 au matin, Radia et Rim se sont rendues au ministère de l'Intérieur pour exiger de voir leurs maris,
sans succès.
Nous craignons qu'ils soient victimes de torture ou de mauvais traitements.
Les membres de l'ACAT ont écris aujourd'hui au ministre de
l'intérieur tunisien, Monsieur Ahmed Friaâ pour protester contre leur arrestation et demander leur libération.
Quelques notes de Pierre, membre du groupe ACAT du Havre, après la rencontre régionale des 16 et 17 octobre 2010 au Carmel du Havre : «C'est la première fois que je participe à une rencontre régionale de l'ACAT ( action des chrétiens pour l'abolition de la torture) avec vingt quatre autres « acatiens » . La rencontre a commencé, samedi après-midi, par un exposé du Père Franck Lemaître, dominicain du service de l'unité des chrétiens de la conférence des évêques de France, sur le thème: la réconciliation des Chrétiens: oui, mais comment? Il est à noter qu'à l'ACAT, cet oecuménisme se vit au quotidien puisque le mouvement est né de la rencontre de fondateurs de diverses obédiences chrétiennes et dont le but est d'agir contre la torture, l'abolition de la peine de mort. [Réformés, Evangéliques, Quakers, Orhodoxes Catholiques...]
Franck Lemaître a développé en cinq points la nécessité d'approfondir l’œcuménisme :
1°/ élargir notre compréhension de l'unité des chrétiens.
Il rappelle la constitution de Vatican II sur l'Oecuménisme. Appel à faire cesser le scandale de la division du Corps du Christ et vivre au quotidien l'unité. « Le souci de restaurer l'unité concerne toute l'Eglise, tant les fidèles que les pasteurs et touche chacun selon ses capacités propres soit dans la vie quotidienne, soit dans les recherches théologiques et historiques... »dit Vatican II
Et il évoque ce qui est déjà vécu au quotidien; couples mixtes: accepter deux traditions pour construire ensemble une vie commune.
2°/ Elargir nos centres d'intérêts : prêter attention aux recherches interconfessionnelles et approfondir la connaissance de notre propre confession pour entrer en dialogue avec d'autres.
Par exemple de ce que connaît un catholique du culte marial, comment peut-il en rendre compte à un protestant dans un langage acceptable = S'approprier la tradition biblique et les acquis de Vatican II.
3°/ Elargir nos centres d'intérêts oecuméniques: De la 3° semaine de prière pour l’unité des chrétiens de janvier initiée par le Père Paul Coututier à la possibilité de se rencontrer plus souvent pour prier.
4°/ Elargissement générationnel: pour que les nouvelles générations en fassent aussi l'expérience.
5°/ Elargir nos réseaux ecclésiaux au delà des Eglises historiques ( catholique, orthodoxe, réformées), Créer des liens, par échanges internationaux par exemple. Aujourd'hui, inviter les chrétiens venant du mouvement pentecôtisme.
Le lendemain après avoir vécu une eucharistie ensemble, avec la communauté du Carmel, nous avons encore échangé sur les raisons de notre action et sur notre foi au Dieu de Jésus-Christ source de vie animée par l'Esprit Saint pour faire de nos vies une liturgie vivante.
Cette année nous agirons contre les disparitions forcées: crime de l'oubli organisé.
Fort d'une subvention de la commission de l'union européenne l'ACAT France pourra développer des actions en faveur de prisonniers torturés en Russie, en Guinée, au Liban, au Mexique et au Sri Lanka. L'ACAT fait chaque année une veillée-nuit de prière fin juin. Il y eut en 2010 des milliers de veilleurs dans plus de 300 veillées de prière.
En conclusion les participants ont fait concrètement l'expérience d'un peuple chercheur de Dieu, bâtisseur d'unité, communiant au même corps du Christ, même si cela est encore imparfait. »
Après plus de trente ans de mobilisation des familles de disparus, l'entrée en vigueur de la Convention internationale sur les
disparitions forcées, le 23 décembre, constitue un événement historique dans la lutte contre les disparitions forcées.
En qualifiant les disparitions forcées de "crime contre l'humanité", la Convention impose aux États parties de poursuivre en justice les auteurs de ces crimes.
Elle ouvre par ailleurs aux familles et aux proches un droit à connaître la vérité sur le sort des victimes de disparition, et à obtenir réparation.