Weed’hom, qu’est ce que ce nouveau mot peut bien signifier ?
Il semble venu d’ailleurs, d’un lieu où des Hommes veillent, où des consciences s’élèvent, où des personnes sans influence particulière se disent qu’à plusieurs
on peut faire changer les choses. Un endroit, plein d’espérance et de compassion où, en plus d’ouvrir les yeux, on raconte des histoires.
Connaissez vous l’histoire des étoiles de mer ?
Il s’agit d’un enfant sur la plage à marée basse. Bien sûr, il joue. Son jeu est très
sérieux, il ne s’agit pas de construire un château de sable, ou de vider la mer dans le trou qu’il a creusé, non, son jeu est bien loin de ces considérations de petit homme en devenir qui pense
déjà à son confort et tente d’exercer sa puissance sur les éléments.
Son jeu, c’est de remettre à l’eau
toutes les étoiles de mer qui sont là, suffocantes et constellant le sable humide. Une à une, il les y lance.
C’est alors qu’un adulte arrive et lui demande ce qu’il fait. Il explique qu’il lance des étoiles de mer, à la mer ! L’adulte demande alors :
« Pourquoi fais-tu cela ? Tu vois bien qu’il y en a trop et que tu n’arriveras jamais à toutes les sauver ! ».
L’enfant répondit, une étoile à la main : « Oui, mais pour celle là, ça change tout ! » et il continua sa tâche.
L’endroit dont je
vous parle, se trouvait cette année, les 5 et 6 avril, à Marly le Roi, en un lieu chargé du souvenir de la Shoa et qui est désormais dédié aux jeunes, à l’éducation, aux associations,
…
C’est là, que se tenait le Weed’hom, c’est là, que les chrétiens de l’ACAT (Action des Chrétiens pour
l’Abolition de la Torture) ont échangé leurs histoires et leurs idées pour aider les prisonniers victimes de tortures, d’incarcérations arbitraires et disproportionnées ou frappés de la peine de
mort.
Ces chrétiens de tous âges et de toutes confessions ont commencé leurs échanges par découvrir la
réalité des droits de l’Homme en Chine.
En effet, la Chine, du fait des Jeux Olympiques, était au
centre des discussions mais elle est restée un triste exemple parmi beaucoup trop d’autres pays qui malheureusement lui ressemblent.
Vint ensuite, l’édifiant
témoignage de Lu Decheng, qui a été torturé et a passé 10 années de sa vie en prison, pour avoir jeté des œufs emplis d’encre sur le portrait du président Mao lors des évènements de Tiananmen, il
y a 19 ans.
Accompagné de la Présidente de Solidarité Chine, Marie Holzmann, sinologue et traductrice, nous avons pu mesurer toute
la complexité et toute la perversion des autorités Chinoises, comment la manipulation et la dictature effrayaient et privaient de liberté le peuple chinois, comment les informations étaient
détournées, comment l’histoire était modifiée ou étouffée.
Après ce témoignage et les échanges qui s’en suivirent, le président de l’ACAT France est intervenu pour expliquer la situation de l’association ACAT, ses actes et sa démarche vers un monde sans
torture.
Cet après-midi passé, place à la détente et à une soirée concert animée par le groupe de Rock chrétien Nomade, qui venait spécialement du sud de la
région parisienne. Habitués à animer des rassemblement de jeunes, ils ont eu du mal à gagner l’enthousiasme d’un public dont la moyenne d’âge était assez élevée (~60ans).
Après une courte nuit pour certains de notre groupe qui ont préféré se retrouver autour d’une guitare, d’une flûte et de
quelques chants joyeux, la journée du dimanche a débuté par une célébration œcuménique en l’église Saint Thibaut de Marly le Roi. Ce moment de prière et de communion multi confessionnel fut
suivit d’activités destinées à envisager de nouvelles actions de lutte contre la torture. Nous avons donc érigé le « mur des idées folles » et écouté les témoignages d’adhérents de
l’ACAT et de prisonniers soutenus et libérés. En fait, le témoignage d’une étoile de mer pour qui tout avait changé depuis que les geôliers recevaient régulièrement les lettres de l’ACAT et
d’autres organisations.
Parmi les idées folles, nous avions : le boycott des Jeux Olympiques, la coordination des actions entre Amnesty
International et l’ACAT, des vêtements de sport arborant des slogans en faveur des droits de l’Homme, l’organisation d’un concert de soutien aux détenus et destiné à promouvoir l’ACAT et encore
plein d’autres idées plus folles les unes que les autres !
Avoir des idées, c’est bien ; quand elles sont folles, c’est mieux ; mais les réaliser, n’est ce pas leur
raison d’être ?
C’est pourquoi notre groupe s’est lancé dans l’organisation d’une soirée concert à l’occasion de l’anniversaire de la déclaration
des droits de l’Homme en décembre prochain. Nous voulons par cette action faire connaître l’ACAT, soutenir des victimes, tisser des liens avec des organisations qui vont dans le même
sens.
Serez-vous de la partie, serez vous, avec nous les flocons de neige qui briseront la branche « torture » de l’arbre de l’inhumanité
Nicolas
photos de Justine