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depuis plus de 20 ans des havrais membres de l'ACAt (Action des Chrétiens pour l'Abolition de la torture) se mobilisent pour venir en aide aux victimes de la torture
A l’occasion du voyage du Premier Ministre François Fillon
en Tunisie, nous voulons rappeler lasituation de Mohammed Hajj Ali
ben Saïd benMohammed,et à travers son histoire celle de centaines d’autres prisonniers d’opinion
tunisiens.
Mohammed ben Mohammed est arrêté une première fois le 3avril2004 et contraint de signer un procès verbal sous la torture. Il est condamné en première instance à 10 ans de prison dans l’affaire dite de Bizerte, une des premières oùs’appliquait la loi antiterroriste. En appel, le 3 juillet 2005, il est acquitté. Ce gestionnaire financier de Tunisie Télécom ne retrouve pas de travail à cause du système
répressif policier auquel sont soumis les anciens prisonnierspolitiques. Le 20 janvier 2007, il est arrêté et détenu au secret pendant deux semaines
durant lesquels il est soumis de nouveauà la torture. Le 10 juillet 2008, il est condamné à 5 ans de prison sur des aveux arrachés sous la torture. En
appel le 11 novembre 2008 sa peine est ramenée à 4 ans de prison.
Mais qu’a fait Mohammed ben Mohammed pour mériter un tel acharnement ? Il a essayé de
convaincre des salafistes extrémistes d’abandonner la violence. Malgré cela, il est accusé de terrorisme et toutes les charges retenues contre luiont
été constituées de toute pièce : c’est par la torture que l’on a obligé Mohammed ben Mohammed à signer ces procès verbaux qui l’accusent.
A la veille du départ pour la Tunisie de Monsieur Fillon, où le Premier Ministre français va
rencontrer ses homologues tunisiens, nous voulons rappeler à travers ce témoignage le sort de plusieurs centaines de prisonniers d’opinion en Tunisie. Nous espérons que la question du respect des
Droits de l'Homme ne sera pas oubliée dans les discutions de coopération en matière d'éducation et de nouvelles technologies de l'information.
Nous demandons sans cesse depuis 2 ans la libération du prisonnier d’opinion Mohammed ben Saîd
Hajj Ali ben Mohammed. Nous le ferons jusqu'à sa libération.
Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les
uns envers les autres dans un esprit de fraternité
Madeleine Lagadec, infirmière française,
travaillait dans un hopital dans une zone sous contre de la gruerilla au Salvador.
Le 15 avril 1989, elle a été tuée par l'armée ainsi que Gustavo Ignacio Isla Cazares, médecin argentin, Maria Cristina Hernandez, brigadiste de santé, Carlos Gomez et Clelia Conception Diaz
Salazar, militants du FMLN.
L'armée salvadorienne a bombardé l'hôpital. Les troupes aéroportées ont capturé ces 5 personnes, les ont torturées, mutilées et exécutées.
"lorsqu'il s'agit de la liberté, de la fin de l'exploitation, de la misère de tout un peuple, il faut savoir reculer ses limites."
Georges CASALIS a fait partie de ceux qui ont pensé l'ACAT dès ses débuts. Voici le texte qui écrivait à Pâques 1976
Pâques,c'est refuser que les hymnes au Ressuscité couvrent les sanglots des
abandonnés, les cris des torturés et le silence des affamés dont le journal et la télévision quotidiens informent ceux qui acceptent de l'être.
Je ne chanterai donc pas des "Alléluia" qui servent d'alibi à la mort de l'Homme sous tous les régimes et les latitudes.
Plus je méditerai l'Evangile du Vainqueur de la mort, et plus je lutterai contre tout ce qu'il y a d'intolérable dans le monde d'aujourd'hui.
Il n'est de bonne parole pour moi que si elle l'est d'abord pour les pauvres et les opprimés à qui elle annonce la fin de leur oppression. et pour les puissants
à qui elle adresse un avertissement formel : ils seront jetés à bas de leur trône et de leurs privilèges et pourront enfin devenir des hommes solidaires et fraternels.
Si Pâques ne signifie pas le grand chambardement de tous les ordres de mort, c'est une affreuse dérision. Si la conversion ne s'exprime pas dans une claire prise de position en
action comme en parole contre tout ce qui assassine les Hommes, elle n'est qu'aliénation et opium pour ceux qui rêvent du ciel en s'efforçant d'ignorer la terre ou en désespérant d'elle. Si la
résurrection n'est pas l'insurrection tous azimuts de la vie impossible et improbable, de la volonté résolue d'un avenir meilleur pour tous les hommes, elle n'est qu'une parole vide et
inutile.
Pâques, c'est sans cesse entreprendre parce qu'on espère; c'est persévérer en dépit des échecs et de la mort; c'est refuser la résignation au mal comme au malheur; c'est parier
sur des victoires, toujours provisoires et ambigües, de la vie, en croyant qu'elle aura le dernier mot dans chacune de nos histoires et dans l'aventure collective de l'humanité.
Cette peinture sur toile a été peinte par Felipe alors qu'il était encore en prison à Oaxaca au Méxique.
Voici son histoire: le 20 juillet 1997, il est enlevé avec violence. Les yeux bandés il est emmené dans une maison où il est torturé pendant une douzaine de jours. Il est frappé à la tête, à
l'abdomen et au thorax; tout nu et mouillé, il reçoit des chocs électriques par tout le corps. On l'accuse d'homicides et d'apartenir à la guérilla. En fait, la police est à la recherche de son
père responsable de la communauté indigène Loxicha de son village dans la région de Oaxaca.. Ensuite, les yeux bandés, il est emmené en hélicoptère à Mexico. En chemin, ils menacent de le jeter à
la mer et continuent de le frapper partout. Il reste 3 mois et demi au secret avant de revenir à Oaxaca. La torture se renouvelle chaque semaine. Après quoi ils l'emmènent à nouveau à Mexico où il
signe 200 feuilles dont il ignore le contenu. Le 17 avri 1998 il est emmené à la prison de Miahuatlan à Quelove, près de Oaxaca, accusé d'homicide et de séquestration. C'est là qu'il peint ce
tableau représentant le Christ en croix sur les montagnes du Méxique. Nous l'avons accompagné en lui écrivant et en organisant des campagnes de protestation jusqu'à sa libération le 22 juin
2001. Aujourd'hui en ce vendredi Saint le Christ souffre toujours sur la croix au Méxique, en Tunisie, aux Philippines, au Rwanda, au Liban, en France ...
...de celui qui construit le présent sans le subir. Celui qui espère n'attend pas les bras croisés ni le coeur vide. Guy
Aurenche, président d'honneur de l'ACAT-France.
L’ACAT-France soutient
l’initiative lancée par Emmaüs appelant les citoyens à manifester leur délit de solidarité envers les migrants et dès lors susceptibles d’être poursuivis pour aide à l’entrée ou au séjour
irrégulier. Pour rappel la loi prévoit une peine de 5 ans de prison pour l'hébergement d'une personne en situation irrégulière, même si sa vie est en danger en cas de retour dans son pays.Une manifestation est organisée aujourd'hui un peu partout en France devant les Palais de justice.
Le 15 mars 2009, les élections présidentielles salvadoriennes ont permis d'élire Mauricio Funes de tendance sociale démocrate. La particularité de cette élection est que le nouveau président est
le candidat du FMLN (Front Farabundo Marti pour la Libération Nationale) ancienne guérilla qui a combattu la dictature au Salvador pendant 12 ans. Le bilan de cette terrible guerre civile est de
75000 morts dont 5% sont attribués à la guérilla et 85% à l'armée et aux escadrons de la mort largement soutenus par les Etats Unis (source: commission de la vérité des Nations Unies). Le 16
janvier 1992 les accords de paix étaient signés au Méxique, la guérilla rendait les armes et se transformait en parti politique: c'est ce parti qui vient de gagner les élections présidentielles
contre l'ARENA parti d'extrème droite soutenu par les 2 autres partis de droite. L'ARENA a été fondé par le sinistre major d'Aubuisson chef de l'armée pendant la guerre civile et directement
responsable de l'assassinat de Monseigneur Oscar Roméro.
Notre groupe ACAT/jeunes est resté en contact avec Jean-Louis prêtre français alors curé de la paroisse San Francisco Lempa dans les montagnes salvadoriennes. Au début des années 90 il nous
écrivait en nous parlant des bombardements de l'armée sur son village situé dans une zone de présence de la guérilla. Le dessin a été fait par un jeune de sa paroisse pendant cette guerre civile et
nous parle de l'aube d'un nouveau jour que l'on voit poindre à l'horizon d'un monde dévasté par la guerre: terre brûlée, arbre mort, montagne noire...
Nous avons toujours gardé ce message envoyé en pleine période de détresse où la paix semblait inaccessible. Ces chrétiens salvadoriens savait malgré tout garder l'espoir.
Nous voudrions partager ce message avec tous ceux qui se trouve en détresse, en situation d'échec, dans des pays où règnent la terreur et l'arbitraire. Les salvadoriens nous ont donné ce "talisman"
: au coeur des ténèbres nous pouvons voir luir l'aube d'un nouveau jour.
Il y a 15 ans
aujourd'hui débutait le génocide des tutsis au Rwanda. Il fit 800.000 à 1 million de victimes, et tous les responsables ne sont toujours pas jugés. De nombreux sont en prison en attente de
jugement, d'autres ne seront jamais inquiétés. La société rwandaise n'est toujours pas pacifiée et des assassinats de rescapés se produisent encore.
Pour ne pas oublier nous participons aujourd'hui à une journée organisée à l'IUT du Havre autour de ce massacre de grande ampleur : conférence, débats, rencontres et témoignage.